Interview parisienne avec Belle Marquise.

C’est un jeudi du mois de mai, par un après-midi ensoleillé, que j’ai donné rendez-vous à Belle Marquise au 226 rue de Rivoli. L’endroit est rempli de petits soldats de la mode durant les fashion week, mais aujourd’hui, il n’y a que des touristes et le calme règne. À 17 heures précises, elle fait son entrée juchée sur des escarpins open toe. Elle porte une jupe en vichy rouge, une grosse ceinture qui marque sa taille fine, ses cheveux sont coiffés en grosses boucles et fleur gourmande y est accrochée. Un trait d’eye liner sur les yeux, les lèvres rouges, voila : Belle, ou plutôt Belle Marquise est une effeuilleuse burlesque de la scène parisienne.  Elle est née dans les années 80 sur les terres d’Anne de Bretagne, elle aime la barbe-à-papa et le chocolat chaud (ça tombe bien nous sommes au bon endroit, malgré les 27 degrés extérieurs). Elle exerce son art depuis 2 ans. C’est à peu prés tout ce que je savais avant cette interview. Elle a commencé presque par hasard, après avoir assisté à une revue parisienne de Dita Von Teese avec Gentry de Paris. Elle s’inscrit alors à l’École Supérieure de Burlesque à Paris, dirigée par Gentry de Paris. Elle finit l’année et se lance sur la scène pour le spectacle de clôture de la formation. Elle ne pensait pas y remonter, c’était sans compter le succès rencontré sur scène.

C’est une vraie pin up moderne qui aime les jupes qui tournent, les rubans et les paillettes ! L’aristocrate s’est prêtée à un petit questionnaire, un Fashion Proust en quelque sorte ..

Ce qu’elle privilégie dans la silhouette : les accessoires, parce que tout est dans le détail.

Bikini ou maillot de bain une pièce : une pièce pour la marquise, noir, rose ou encore marin en version très chic.

Sa tenue idéale pour la nuit : une nuisette en soie Fifi Chachnil ou Chantal Thomass. Mules à pompon de rigueur.

L’achat pour lequel elle ne se pose pas de question : les chaussures.

Si elle devait échanger son dressing : sans hésitation, avec celui de Dita Von Teese (et on la comprend).

Ses couleurs fétiches : le rose, le noir. Elle aime aussi les imprimés vichys, fleuris…

L’incarnation de la pin up moderne selon elle :  Miss Banbury Cross, une Marilyn Monroe des temps modernes.

Ses muses : les actrices des années 50 Rita Hayworth, Sophia Loren …

Ses créateurs préférés : Givenchy, ou Dior par Monsieur Dior.

Ses boutiques à Paris : Goldy Mama et Bastien De Almeida, deux endroits ou la belle rêverait de passer la nuit.

Le vêtement historique qui la fait rêver, mais importable aujourd’hui : la crinoline.

La pièce de lingerie qu’elle adore : la guêpière.

Ce qui a révolutionné la mode selon elle : les collants.

Son achat le plus inavouable : une combinaison pantalon en jean, pattes d’eph’. Elle me dit qu’elle ne l’a jamais porté… La bien séance m’oblige à taire la marque.

Ce qu’elle fait pour se sentir fabuleuse :  un trait d’eyeliner sur les yeux, et quelques gouttes d’A la nuit de Serge Lutens.

Ou achète-t-elle ses costumes de scène : elle me répond qu’elle customize à coup de strass et d’ingéniosité des serre-taille, corsets, et souliers.

Un rituel porte-bonheur avant chaque show :  Les effeuilleuses se touchent mutuellement le postérieur…

Mille mercis Belle Marquise de  nous avoir dévoilé quelques un des secrets de son style.

J’espère la revoir bientôt,  lors de sa prochaine scène, qui sait.